Le château de Domfront
Perché sur son éperon rocheux, le Château de Domfront domine la vallée de la Varenne depuis près d’un millénaire. Ce joyau médiéval est le témoin privilégié des rivalités acharnées qui ont opposé la Normandie, le Maine et l’Angleterre. L’histoire du château commence aux alentours de 1010 lorsque Guillaume de Bellême fait ériger une première fortification en bois. L’objectif est simple : surveiller la frontière face au comté du Maine.
C’est en 1100 que le site prend une dimension colossale. Henri Ier Beauclerc, fils de Guillaume le Conquérant et roi d’Angleterre, s’empare de la seigneurie. Conscient de la position militaire unique de Domfront, il fait construire un immense donjon carré en pierre, typique de l’architecture de transition normande, ainsi que de puissants remparts.
Au fil des siècles, le château accueille les plus grands noms de l’histoire de France et d’Angleterre :
Aliénor d’Aquitaine et Henri II Plantagenêt y établissent une cour brillante.
Chrétien de Troyes, le célèbre auteur des romans de la Table Ronde, y aurait séjourné.
Saint Louis y passe en 1256.
Pendant la guerre de Cent Ans, la forteresse change de mains à plusieurs reprises, subissant d’importants sièges. Mais le coup de grâce ne vient pas des Anglais, mais de la Couronne de France.
En 1608, après les guerres de Religion, le roi Henri IV, par l’intermédiaire de son ministre Sully, ordonne la démolition du château. À cette époque, de nombreuses forteresses médiévales sont démantelées pour éviter qu’elles ne servent de refuges à d’éventuels seigneurs rebelles. Le château de Domfront devient alors une carrière de pierres pour les habitants de la ville.
Que reste-t-il à voir aujourd’hui ?
Classé Monument Historique, le site du château est aujourd’hui un parc paysager en accès libre qui offre une immersion saisissante dans le passé.
Le Donjon : Bien qu’il ait perdu deux de ses pans de murs lors des destructions, la silhouette de ce colosse de pierre s’élève encore fièrement au-dessus des anciennes douves. C’est l’un des rares exemples de donjon roman de cette envergure dans la région.
Les Remparts et les Tours : La courtine s’est en partie effondrée, mais on distingue parfaitement l’organisation des salles d’armes souterraines et des anciennes courtines.
La Chapelle Saint-Symphorien : Les fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour les fondations de cette chapelle castrale où les ducs de Normandie venaient prier.
Le Panorama : Ne manquez pas la vue depuis les anciennes enceintes. Le panorama s’étend à perte de vue sur le parc naturel régional Normandie-Maine et les toits de la cité médiévale en contrebas.


























