Le grand Carrefour

Ce carrefour des rues suivantes: Fossés Plisson, Grande Rue, rue des Barbacanes, rue Foch et rue de la République est probablement l’endroit qui symbolise le mieux le renouveau de Domfront après les bombardements du 2 et du 14 juin 1944.

Les bombardements

Les bombardements de Domfront constituent probablement l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire récente de la ville. Contrairement à une idée parfois répandue, Domfront n’a pas été détruite lors des combats de la Libération d’août 1944, mais principalement lors des bombardements alliés des mois de juin 1944, menés plusieurs semaines avant l’arrivée des troupes américaines. Au printemps 1944, les Alliés préparent le débarquement en Normandie. Pour empêcher les Allemands d’acheminer rapidement des renforts vers les futures plages du Débarquement, ils s’attaquent aux voies ferrées, aux gares et aux carrefours routiers.

Domfront est alors considérée comme un point de passage important entre la Normandie et le Maine. La gare de Domfront et les axes de communication de la ville deviennent des objectifs militaires.

Le bombardement du 2 juin 1944

Dans la soirée du 2 juin 1944, soit quatre jours avant le Débarquement, vingt-quatre bombardiers alliés attaquent le secteur de la gare. Les dégâts sont importants et plusieurs quartiers sont touchés. Neuf civils trouvent la mort lors de cette première grande attaque.

La catastrophe du 14 juin 1944

Le bombardement le plus meurtrier survient le 14 juin 1944. Une importante formation de bombardiers américains vise de nouveau les infrastructures de transport, mais de nombreux quartiers de la ville sont touchés. Des centaines de bâtiments sont endommagés ou détruits. Selon les sources, entre 27 et 37 personnes périssent lors de cette attaque. Certaines études évoquent jusqu’à 494 bâtiments détruits ou gravement atteints. La population, déjà éprouvée par les alertes précédentes, quitte alors massivement la ville. Cette évacuation explique probablement pourquoi le bilan humain n’a pas été encore plus lourd.

Au total, Domfront subit de nombreux raids aériens entre juin et août 1944. Les quartiers proches de la gare, de Notre-Dame-sur-l’Eau et du Grand Carrefour sont particulièrement touchés. Les photographies prises après la Libération montrent des rues encombrées de gravats, des maisons éventrées et plusieurs monuments endommagés. Même la porte d’Alençon, l’un des symboles du Domfront médiéval, porte les traces des combats et des bombardements de l’été 1944.

La reconstruction

Lorsque Domfront est libérée en août 1944, la ville porte encore les traces des bombardements alliés des mois de juin et juillet. Plusieurs centaines de bâtiments ont été détruits ou gravement endommagés, particulièrement dans les quartiers situés autour de la gare, du Grand Carrefour et des principaux axes de circulation. La reconstruction fait aujourd’hui partie intégrante du patrimoine domfrontais. Les maisons, commerces et bâtiments publics édifiés après 1944 témoignent d’une période de courage et de renouveau.

Ils rappellent qu’après les bombardements et les pertes humaines de l’été 1944, les habitants ont dû rebâtir leur ville presque pierre par pierre. Cette reconstruction constitue l’un des chapitres essentiels de l’histoire contemporaine de Domfront et explique en grande partie le visage de certains quartiers actuels.