Notre Dame sur l'Eau
Si le château fort de Domfront impressionne par sa position militaire au sommet de son éperon rocheux, c’est au pied de la falaise, au bord de la rivière la Varenne, que se cache le véritable chef-d’œuvre architectural de la cité : l’église Notre-Dame-sur-l’Eau.
Classée Monument Historique dès 1840 sur la toute première liste établie par Prosper Mérimée, cette église est considérée par les historiens de l’art comme l’un des plus parfaits et purs exemples de l’art roman normand du XIe siècle.
L’église est fondée aux alentours de 1020 par Guillaume de Bellême, le premier bâtisseur de la fortification domfrontaise. Construite dans la vallée, elle fait office d’église paroissiale pour le bourg qui se développe en contrebas du donjon, tout en servant de lieu de sépulture pour les membres de la famille seigneuriale.
Au XIIe siècle, elle bénéficie de la générosité d’Henri Ier Beauclerc, roi d’Angleterre et duc de Normandie, qui l’agrandit. Sa position au carrefour de voies de communication majeures (les chemins du Mont-Saint-Michel) en fait un lieu de passage incontournable pour les pèlerins.
Une architecture d’une pureté géométrique remarquable
Ce qui frappe immédiatement le visiteur, c’est l’austérité et la puissance qui se dégagent de l’édifice, caractéristiques du premier art roman :
Le clocher-lanterne central : Placé à la croisée du transept, ce clocher massif carré, percé de baies en plein cintre, est typiquement normand.
L’appareil de maçonnerie : L’église est construite en grès armoricain local. La rudesse de cette pierre accentue l’aspect intemporel et solide de la structure.
Les chapiteaux sculptés : À l’intérieur, les piliers massifs soutiennent de grandes arcades. Les chapiteaux offrent des décors sculptés géométriques, de volutes et de motifs végétaux d’une grande sobriété.
L’église que l’on admire aujourd’hui n’est pourtant qu’une partie du monument d’origine. En 1836, la construction de la route départementale reliant Alençon à Mayenne vient percuter l’édifice de plein fouet.
Malgré les protestations, les ingénieurs de l’époque décident de sacrifier les quatre premières travées de la nef et le porche d’entrée pour faire passer le tracé de la route. L’église a donc été littéralement coupée, et sa façade actuelle est en réalité un mur de fermeture reconstruit après cette amputation.
Les trésors à ne pas manquer lors d’une visite
Malgré les outrages du temps et de l’aménagement urbain, l’intérieur de Notre-Dame-sur-l’Eau abrite des trésors inestimables :
Les peintures murales : Des fragments de fresques médiévales (datant du XIIe au XVe siècle) sont encore visibles sur les murs du chœur, représentant notamment des figures de saints.
Les gisants : L’église abrite les sépultures en pierre de plusieurs figures locales, dont celle de Jehan de Baillé, capitaine de Domfront au XIVe siècle.
La Vierge à l’Enfant : Une magnifique statuaire, dont une Vierge à l’Enfant en pierre polychrome, témoigne de la ferveur mariale attachée à ce lieu depuis un millénaire.



















